fuckyeahphilippedumez


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Aoû 21, 2014
@ 10:39 am
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7 notes

Il m’a dit qu’il s’était fait agresser en bas de chez lui par une petite bande qui voulait “casser du boloss”. Il m’a dit que ce jour-là, il s’était mis sur son 31 parce qu’il allait déjeuner chez une vieille tante en banlieue parisienne, mais que le soin qu’il avait mis à s’habiller était loin de refléter la bonne santé de son compte en banque. Il m’a dit qu’ils l’ont coincé à trois contre un. Il m’a dit qu’il a pris la peine de vider ses poches devant eux pour leur montrer qu’ils perdaient leur temps, mais qu’ils ne se sont pas découragés pour autant. Il m’a dit que le plus petit tenait un couteau et que le plus grand lui disait : “Allez, plante-le”. Il m’a raconté qu’il n’avait pas su, quand on lui avait successivement demandé s’il était pédé et s’il habitait seul, s’il fallait dire la vérité ou mentir - il n’avait pas su non plus s’il ferait un menteur crédible. Il m’a dit que ses trois agresseurs s’étaient enfuis après avoir été dérangés et qu’il les avait coursés jusqu’à la bouche de métro en criant MAIS LAISSEZ MOI AU MOINS MA CARTE SIM. Il m’a avoué que, quand il s’est arrêté de courir, il s’est rendu compte que ses mains étaient en sang puisqu’il avait retenu la lame avec. Il m’a dit qu’il avait retrouvé son téléphone le lendemain grâce à la mère d’une copine dont les cordonnées figuraient sur la carte SIM et qui avait été appelée par le commissariat. Il m’a dit qu’en convoquant individuellement les agresseurs, les enquêteurs avaient découvert que le grand faisait du chantage aux deux petits pour qu’ils rackettent. Il m’a avoué que, une fois confronté à son agresseur principal de l’autre côté de la vitre sans teint, il ne l’avait pas immédiatement reconnu, alors que les minutes qu’il avait passées face à lui avaient semblées interminables.


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Aoû 20, 2014
@ 10:46 am
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8 notes

Book Off Session #4 : Céline

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Le jour où cette session a eu lieu, Céline n’avait jamais pénétré chez Book Off et je ne l’avais rencontrée que quelques minutes quinze jours plus tôt. Mais j’avais cru deviner, en suivant son blog Mavieetcelledesautres, qu’elle serait une bonne cliente pour cette rubrique  : l’admiration qu’elle porte à l’œuvre de Jean Echenoz cachait forcément d’autres marottes que l’exercice allait révéler. De mes victimes, Céline a été la plus rapide puisqu’il lui a fallu moins d’un quart d’heure pour choisir les livres. Et encore, je lui ai fait reposer deux volumes qui me semblaient un peu trop évidents pour corser l’affaire. L’interview qui a suivi a elle aussi été sous le signe de l’efficacité.

Jean Echenoz : Les grandes blondes (Les Éditions de Minuit)

Je suis quelqu’un qui lit peu. Je dois lire quatre ou cinq livres par an. Mais j’ai lu tout Echenoz. C’est l’écrivain qui arrive à m’intéresser à n’importe quel sujet. J’adore ses choix de mots, les digressions, on sent le plaisir de la langue… C’est jouissif. “Les grandes blondes”, c’est le premier qu’on m’a offert. Cet écrivain m’a sauvé la vie. Je l’ai lu à un moment où j’étais dans l’obsessionnel et seule son écriture avait la force de remplir mon esprit.

Avez-vous eu l’occasion de le rencontrer ?

Non, mais je ne cherche pas à le faire. J’étais allé à une signature de Marguerite Duras à la librairie La Hune, je me suis retrouvé immobile devant elle, je l’ai observé quelques instants et je suis partie sans dire un mot.

Vous me disiez tout à l’heure que vous ne fréquentiez pas les libraires d’occasion…

Parce que j’ai besoin qu’il soit neuf pour avoir le sentiment de posséder un livre. Je peux lire des livres qui m’ont été offerts et prêtés, par contre je n’ai jamais emprunté un livre à la bibliothèque. Je ne suis pas une grande consommatrice, alors je peux tout à fait m’offrir à prix neuf les livres dont j’ai envie. Par contre, je peux donner les livres que j’ai lu. Je garde très peu de toute façon. J’ai conservé Duras, Gary, Echenoz et Murakami, c’est tout. A un moment, j’ai beaucoup volé. Avant d’être mère de famille (rires). Des livres, des disques, des vêtements, même des barquettes de viande - des gros steaks Charal. Mais tout ce que je volais, je finissais par le donner. Ça n’avait pas de valeur à mes yeux.

Philippe Djian : Vengeances (Folio)

Le roman contemporain par excellence. Parisien, branché, violent… j’adore. C’est ce qui émane de Paris et que je ne vis pas. C’est le seul Djian que j’ai lu en entier. Mon père l’avait laissé trainer sur sa table de nuit et je lui ai piqué. C’est un livre sur le lien entre les gens qui, par moments, peut faire penser à “La carte de la territoire” de Houellebecq - qui est aussi le seul Houllebecq que j’ai lu.

Y avait-il beaucoup de livres chez vos parents ?

Ma mère est une grande consommatrice de polars. Mon père, c’est plutôt des essais et des récits. Je peux échanger avec les deux. Je n’ai jamais lu de philosophie, mais je sens une portée philosophique dans beaucoup de romans - c’est le cas avec “La carte et le territoire” par exemple, mais aussi avec “Chronique de l’oiseau à ressort” de Murakami. Ils me font ressentir le pourquoi de mon existence.

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Tom Sharpe : Wilt 1 (10/18)

J’ai dû lire ce livre il y a vingt ans et je ne m’en souviens plus du tout. Je sais juste que c’est très drôle, très délirant et que ça m’avait beaucoup plu. (Elle le feuillette et lit la page de garde) “Wilt 1 ou comment se sortir d’une poupée gonflable et de beaucoup d’autres ennuis encore”. Voilà, c’est comme ça.

Ça fait longtemps que vous lisez ?

La lecture a dû me prendre vers l’âge de 13-14 ans. “Gros Câlin” d’Émile Ajar a été déclencheur, et “L’Amant” de Marguerite Duras - certainement parce que le film était sorti au cinéma au même moment. Duras m’a emmené vers Robbe-Grillet et le nouveau roman. Vers 16-17 ans, autre gros choc en découvrant Bukowski, qui m’a donné envie de découvrir la littérature américaine contemporaine. Suivi d’une période où je me suis passionnée pour la littérature japonaise.

Yoshimo Banana  : le dernier jour (Éditions Philippe Picquier)

C’est le seul livre de cette sélection que je n’ai pas lu. Mais j’aime beaucoup l’univers onirique de cet auteur, comme celui de Murakami. C’est à la fois très évocateur et très sensuel. Il ne se passe rien d’extraordinaire, mais le récit est baigné d’une folie douce, un peu dérangeante.

Comment êtes-vous venue à la littérature japonaise ?

Par Kitano. Ses films m’ont tellement marqués que j’ai eu envie de découvrir également la littérature japonaise. “Quatre sœurs” de Tanizaki, c’est du niveau de Flaubert ou de Balzac. Ce que je cherche dans la littérature japonaise, c’est l’étrangeté. Et le pouvoir évocateur, comme en musique. Quelqu’un qui m’en dit trop, ça ne m’intéresse pas. Par contre, quelqu’un qui me laisse une porte ouverte, ça me séduit. C’est pour ça qu’on me reproche parfois d’aimer les trucs chiants (rires). Mais un bon film qui t’ennuie peut te stimuler créativement parlant.

C’est-à-dire ?

La majorité des films de Chantal Akerman par exemple. J’appelle ça de l’ennui productif. La longueur de certaines scènes peut t’amener à une pensée ou une émotion que tu n’aurais pas su provoquer de toi-même. Mais cette expérience exige une certaine disponibilité d’esprit, et je suis bien consciente qu’il faut une part de volontarisme. Il y a une liberté dans le cinéma chinois actuel que je ne retrouve nulle part. “Black Coal” sorti récemment, est un chef d’œuvre.


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Aoû 19, 2014
@ 12:14 pm
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Est-ce mon réglage qui flanche ?

Est-ce mon réglage qui flanche ?


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Aoû 18, 2014
@ 11:05 am
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Une tranche de paté avec de la gelée autour

Le repas allait se dérouler au restaurant des professeurs et puisqu’il était seul ce soir, un invité surprise allait se joindre à nous. Passé le verre levé à nos retrouvailles, c’est sans scrupule qu’il mobilisa la parole pour se vanter d’avoir personnellement félicité l’évêque qui avait refusé de dénoncer un curé pédophile dans son diocèse. J’ai laissé la tranche de pâté avec de la gelée autour dans l’assiette, je me suis levé et je suis parti. Un canard était mort pour rien et il n’absoudrait pas mes péchés.


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Aoû 17, 2014
@ 10:45 am
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5 notes

Chérie, je viens d’acheter l’équivalent de 8 semi-remorques de vinyles. Source : The Brazilian Bus Magnate Who’s Buying Up All the World’s Vinyl Records (via Les Trésors Cachés).

Chérie, je viens d’acheter l’équivalent de 8 semi-remorques de vinyles. Source : The Brazilian Bus Magnate Who’s Buying Up All the World’s Vinyl Records (via Les Trésors Cachés).


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Aoû 16, 2014
@ 2:05 pm
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4 notes


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Aoû 15, 2014
@ 10:23 am
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9 notes

Il m’a dit qu’après avoir renoncé à chercher une batterie valide et un cordon pour raccorder la caméra, il avait fini par apporter les bandes que nous avions tournées avec la caméra de son père chez un professionnel qui les avait transférées en DVD. Il m’a dit qu’il s’était enfilé l’intégralité des enregistrements d’une traite et qu’il avait fondu en larmes dans la cuisine ensuite. Il m’a expliqué que les enregistrements se décomposent en deux périodes distinctes : celles où, confits dans notre adolescence, nous sommes absolument consternants. Et celle où il apparait comme transfiguré par sa première histoire d’amour. Il m’a confié l’émotion qui l’avait étreint en revoyant pour la première fois le visage de son amoureuse, en réentendant sa voix, en redécouvrant ses gestes. Il m’a aussi parlé de son père et de ce garçon qui vivait dans le même immeuble que lui et qui sont tous deux aujourd’hui décédés. Il m’a rappelé le surnom ridicule de ce garçon. Il m’a dit que sur les bandes figure une scène où nous écoutons tous les deux The Chameleons dans sa chambre. Il m’a dit qu’il avait oublié qu’il avait punaisé une affiche de “Griffes de la nuit” et j’ai hésité à lui parler de celle des “Highlander”. Il m’a dit qu’il avait la faculté de se souvenir de ses rêves à son réveil et qu’il avait entrepris de les noter dans un carnet. Il m’a dit que le nom de ce carnet lui était apparu dans un rêve et qu’il avait été surpris, en faisant une recherche sur internet, de constater que ce nom n’existait pas déjà - ce n’était donc pas un souvenir. Il m’a parlé de la fois où son groupe avait joué en première partie de A Wedding Anniversary et je me suis demandé pourquoi je n’avais pas assisté à ce concert : il l’évoque aujourd’hui comme le sommet de sa courte carrière musicale. Il m’a dit que la maison de Juan-Les-Pins allait être vendue parce qu’elle coûtait trop cher à entretenir. Il m’a dit qu’il était en photo dans le journal de son entreprise et que je me serai bien moqué de lui si je l’avais eu entre les mains. Je le lui ai confirmé : j’aurai fait mon possible pour ne pas le décevoir.


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Aoû 14, 2014
@ 9:10 am
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Un soir, je me surprends à dire à voix haute  : Je suis heureuse. Je prépare une assiette de gnocchi au gruyère râpé. Il y a un Tarzan qui passe à la télé. Je viens d’avoir mon bac.

Ariane Gardel in On ne parle jamais de Dieu à la maison


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Aoû 13, 2014
@ 10:20 am
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4 notes

Trouvé par l’éditeur singulier.

Trouvé par l’éditeur singulier.


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Aoû 12, 2014
@ 9:17 am
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1 note

passé simple »

Si j’avais su, plutôt que de vendre mon View-Master à un enchérisseur italien, je l’aurais offert à ifnothinghappens.