février 2010
30 billets
Dans la file d’attente chez Gibert Jeune, tout le monde venait revendre des livres et personne ne songeait à en ouvrir un pour tuer le temps.
Mi-février, il déambulait avec un legging sous son bermuda et je n’étais pas le dernier à le dévisager comme s’il s’agissait d’un extraterrestre.
Quand j’observe les petites frappes de The Wire s’alpaguer à coups de pagers, j’ai tellement l’impression d’une époque révolue que je m’attends à tout moment à voir Valentin, Pujol et Terrasson leur courir après.
Il écoutait de la musique au casque pendant qu’elle lui tenait la main, et je ne pouvais pas m’empêcher de me faire un peu de souci pour le couple.
Sans expliquer pourquoi un avis de passage avait été déposé dans sa boîte aux lettres alors que personne ne s’était présenté à son domicile, elle a ironisé sur le fait qu’il vienne souvent avant de lui expliquer que oui, son paquet était bien ici mais que non, elle ne pourrait pas le lui remettre étant donné qu’il n’avait pas encore été trié, l’invitant à repasser une...
Ivre-mort, il lui postillonnait au visage en lui expliquant qu’il n’avait qu’à arrêter de picoler, et je me demandais s’il était tellement saoul qu’il croyait parler à un miroir.
Quelques instants avant 14h30, j’essaie de le reconnaître parmi la foule qui passe devant le Habitat République. Tous les visages sont potentiellement celui de mon acheteur. Le grand brun ? Le petit blond ? A l’heure pile, nous n’avons aucun mal à nous retrouver : chacun a l’air de chercher l’autre. Un sourire et l’échange a lieu. Un merci et mon...
La patronne du resto japonais a une manière tellement charmante de dire “salade au chou” que je suis sûr qu’elle serait beaucoup moins bonne si elle le conjuguait correctement.
Depuis que j’ai installé un lampadaire halogène dans le salon, je vois beaucoup mieux que mon plafond est en train de s’effriter de toutes parts. Du coup, j’en viens presque à regretter le temps où je vivais dans la pénombre, sans craindre que le ciel ne me tombe un jour sur la tête.
Pendant des années, j’ai croisé son disque dans tous les Cash Converters. Mais le dernier endroit où je m’attendais à le trouver, c’est à la sortie de l’école, venant accompagner son enfant à la même heure que le mien. J’ai souvent une pensée pour lui : fils de soldé, ça ne doit pas être facile tous les jours.
Dans le métro, j’étais entouré de filles chaussées de bottes de cowboy et j’ai eu peur de finir le trajet porté sur un rail, recouvert de plumes et de goudron. Foi de pied-tendre, je l’ai vraiment échappé belle.
Au sous-sol du bar, ils projetaient Les valseuses sur un mur, sans le son, pendant qu’Iggy répétait qu’il veut devenir ton chien. Voir un des chefs d’oeuvre de Blier utilisé comme tapisserie pour attirer le chalant m’a coupé la soif, et je suis rentré chez moi la queue entre les jambes.
L’industrie du film est devenue une alliée de la restauration. Il faut que...
– Alejandro Jodorowsky in Vice (octobre 2009).
Chaque fois que je reviens de chez Ikea, je me sens obligé de rapporter des souvenirs comme s’il s’agissait d’un pays étranger.
A force de regarder une série où un pré-adolescent élève en cachette une créature préhistorique et où des savants descendent au fond de la mer dans une boîte de conserve, j’en viens à être victime d’hallucinations en public. A l’Alhambra, à la faveur d’un jeu de lumières un peu étrange, j’étais persuadé qu’une raie manta planait au-dessus de Richard Hawley, la...
Au bistrot devant lequel je passe tous les matins, le plat du jour ne change pas très souvent. Depuis plus d’une semaine, par exemple, c’est “carte bleue en panne”.
Chaque fois que je croque un maki californien, j’ai une pensée pour les victimes de Pearl Harbor. Que de gâchis avant d’arriver jusqu’au fond de ma bouche.
Tous les soirs, je me rejoue le film de la journée en améliorant les dialogues et en changeant l’action. Je suis infiniment plus drôle, je prends de meilleurs décisions et la foule me porte à la sortie du métro. Je m’endors dans le fauteuil de mon propre cinéma, et l’ouvreuse me réveille tous les matins : “Tu n’oublieras pas d’emmener les enfants à...
Avec mes trois épaisseurs superposées en hiver, j’ai parfois l’impression d’être une clémentine particulièrement longue à éplucher.
Je crois que j’aurai préféré qu’il me présente à sa femme autrement qu’en mentionnant d’emblée que j’étais celui qui lui avait fait découvrir l’album de Bernard Menez.
Je ne sais pas si c’était parce qu’il faisait froid ou parce qu’elles étaient trop grandes, mais des grosses chaussettes rouges dépassaient de 5 centimètres au-dessus de la couture et on aurait dit qu’elle avait enfilé les bottes de sept lieues avant de remonter la rue du Faubourg St Antoine. L’espace d’un instant, je me suis cru dans un conte de Perrault....
J’ai lu un jour une interview de Keith Richards qui expliquait comment...
– Joe Boyd in White Bicycles.
Si j’étais Robert Smith, je créerais un réseau social pour mes fans et je l’appellerais Faithbook.
Pendant que je me séchais les cheveux, elle m’a demandé pourquoi je me laissais pousser la barbe, me faisant remarquer que ça me vieillissait. Je la voyais s’étaler en même temps de la crème anti-rides sur le visage, et je me disais que nous n’avions pas les mêmes priorités.
Depuis que je fréquente les mêmes toilettes que la direction, je suis à même de dénoncer des inégalités flagrantes : chez les patrons, par exemple, il y a des patères derrière les portes.
Tous les matins, je le croise, les yeux rivés sur un écran minuscule. Est-ce qu’il joue toujours au même jeu ? Est-ce qu’il évolue de niveau en niveau ou est-ce qu’il recommence toujours le même ? Et surtout : comment fait-il pour ne pas se faire écraser chaque fois qu’il traverse la rue ?