Le formulaire de désinscription de la newsletter des professionnels du marketing me proposait de choisir une motivation parmi les raisons suivantes : - Les messages sont trop fréquents, - je n’arrive pas à lire les messages… J’ai coché - autre, et dans le cadre vierge, j’ai écrit : je ne suis pas un professionnel du marketing et je ne tolère plus cette imposture.
mars 2010
31 billets
Il essayait de suivre le concert tout en le filmant avec son iPhone, et j’imaginais sa tête le lendemain en train de regarder les pellicules de son voisin dansant sur Hot Chip.
Hier encore, il jouait au ballon sur le trottoir devant le salon de son père. Aujourd’hui, c’est lui qui me tond les cheveux, et j’ai l’impression d’avoir pris 10 ans dans la tronche en deux coups de ciseaux.
Après avoir déployé l’artillerie lourde (fonds commun de placement, parts sociales, défiscalisation…), elle s’est assuré que j’y comprenne quelque chose. J’ai juste eu le temps de me mordre la langue avant de lui concéder que, pour moi, c’était du chinois : pas sûr que ses yeux bridés m’aient pardonné cet écart de langage.
Clare and The Reasons : That’s All (via Audio Muffin)
Est-ce l’interprétation de Clare and The Reasons qui rend cette vieille scie délicieuse, ou, après que The Postal Service ait ouvert la brèche, sommes-nous à l’aube d’une réhabilitation en grande pompe de Phil Collins ?
J’aimerai bien qu’il y ait dans les transports en commun des détecteurs de KFC et qu’au moindre fumet de poulet grillé, toute contrevenant se retrouve irrémédiablement trempé de la tête aux pieds. Pour l’exemple.
Sous le coup de 23h30, quelqu’un a appuyé sur le bouton de l’interphone, et j’ai mis quelques secondes à comprendre que c’était bien évidemment moi. Un autre moi qui, dans un univers parallèle, était sorti en oubliant ses clés derrière lui. J’étais absolument terrifié à l’idée de tomber nez à nez avec lui et je n’ai pas répondu. Comme il n’a pas sonné une seconde fois, j’en ai déduit que le temps avait repris son cours normal et je suis allé me coucher. J’espère juste qu’il a fini par rentrer chez lui et qu’il a trouvé quelqu’un de plus charitable que moi pour lui ouvrir.
Chez Lidl, les produits périmés restent parfois longtemps en rayon. J’ai encore vu un lot de VHS et une boîte de CD-R pas plus tard que la semaine dernière.
Terry Callier : You Don’t Care (sur What Color Is Love)
Chaque fois que je tombe sur une compilation de Terry Callier, je vérifie qu’il y a bien “You Don’t Care” dessus. Sinon, c’est signe que le travail a été baclé.
La grande Zouzou m’a expliqué que si elle avait fait un moins bon score que moi à Singstar 80’s, c’est parce qu’elle s’était référée à la version de Bébé Lilly, et pas à celle de Sabine Paturel. Mettre en perspective les interprètes des “Bétises”, c’est un truc auquel je n’étais pas psychologiquement préparé.
Ses yeux vides laissaient supposer qu’il était aveugle. Tout en jouant une mélodie au synthétiseur, une étrange mélopée est sortie de sa bouche. Ça aurait pu être une catastrophe, mais c’était au contraire envoutant et poétique. Je suis descendu de la rame avant la fin du morceau, et je lui ai glissé une pièce au fond de la poche. J’espère qui l’a trouvée et qu’il n’est pas en train de se demander ce qui cogne contre le tambour de la machine à laver.
L’exposition consacrée aux lanternes magiques, qui se termine actuellement à la Cinémathèque, est instructive à plus d’un titre : on y apprend notamment que les deux genres qui avaient le plus de succès avant l’invention du cinéma étaient la fantasmagorie et le cul. Et même s’il est aujourd’hui prêt à débourser 3 euros supplémentaires pour la location de lunettes 3D, j’ai l’impression que les goûts du spectateur n’ont pas beaucoup évolué en 400 ans.
L’espace d’un instant, elle m’a permis d’assouvir un de mes fantasmes les plus fous : regarder ce qu’il y a dans l’Ipod des filles qui portent des escarpins vernis et des bas nylon. Je crois même que je rougissais en louchant par-dessus son épaule.
Évidemment, c’est dans le ELLE “spécial maigrir” qu’on trouve page 231 la recette du Banoffee qui, avec ses 250g de biscuits Digestive, ses 100g de beurre demi-sel fondu, ses 250 ml de crème fleurette et ses 200g de caramel, nous assure des maillots de bain bien remplis.
Bohren & Der Club of Gore : Unkerich (via Music Like Dirt).
Je n’attendais pas grand chose d’un groupe avec un nom aussi grotesque que Bohren & Der Club of Gore. Pas en tout cas à un sommet d’ambient mélancolique.
J’adore le silence absolu qui suit une panne de courant dans le métropolitain, quand toutes les conversations s’éteignent en même temps que les néons. Il ne dure que quelques secondes, et sa fugacité est la plus douce des musiques.
La dernière heure de sommeil, c’est comme la dernière part de tarte : je la grignote toujours pour qu’elle dure plus longtemps.
Eels : A Line In The Dirt (via Muzzle of Bees).
Message à l’intention de Charlotte Gainsbourg : Eels fait aujourd’hui des meilleurs disques de Beck que lui.
Je viens de comprendre d’où provient le nom du label Italians Do It Better : pour trois disques commandés, il te facture $13,10 de port (“et traitement”) alors que l’affranchissement ne lui revient qu’à $3,96. De quoi mettre du marsala dans son tiramisu…
Les touristes japonaises prennent beaucoup de photos, mais celle qu’elles n’ont pas, c’est celle de leur mine étonnée, le nez sur l’écran de leur appareil photo numérique, accompagnant la découverte de chaque cliché de petits rires et de commentaires dont elles ont le secret. Comment dit-on “mise en abime” à Tokyo ?
Plus je les porte et plus je les aime. Mais chaque fois que je les enlève, je vois leur semelle se détériorer de manière inexorable. Bientôt elles vont me laisser tomber et je ferai ma Nancy éplorée : “these boots are made for dying”.
A Barbès-Rochechouart se tient un ballet minutieusement orchestré entre les revendeurs de cigarettes et les représentants de l’ordre, chacun regagnant le lendemain le terrain qu’il a perdu la veille. Hier soir, ils se narguaient de chaque côté de la grille. Chargera ? Chargera pas ? Tout ça pour des clopinettes.
Elles ont déboulé dans la rame en braillant comme des poissonnières, prétextant un sondage express pour se livrer à une diatribe anti-Sarko. Pendant qu’elles distribuaient des tracts, les garçons ont pris le relai, expliquant que les candidats de la liste “Front de gauche” ont retroussé leurs manches pour descendre dans le métro ce matin, et que leur action a reçu le soutien de personnalités comme Bruno Solo ou Yvan le Bolloc’h. J’aurai voulu croire que c’était un sketch, mais malheureusement j’ai peur que ce n’en était pas un.
La dépêche parlait d’un “cabinet conseil en choix d’agences”, et j’ai du la relire pour comprendre de quoi il s’agissait. Avant de déduire que la prochaine étape, c’était sans doute la “préconisation en cabinet conseil de choix d’agences”.
Il précisait en bas de son annonce : “prix non discutable et non dégressif pour l’achat de plusieurs objets, envoi collissimo non négociable, si vous avez des questions, n’hésitez pas”. Une seule : on peut se tutoyer ?
Broadcast 2000 : I Hold My Breath
Depuis que Greg m’a fait découvrir Broadcast 2000, je n’écoute plus que ça. S’ils affichent 10 ans de retard, la transmission reste excellente.
La moitié des personnes que j’ai croisées entre le quai de la ligne 3 et celui de la ligne 8 avaient les yeux rivés sur un écran, prêtes à être percutées de plein fouet par le premier Pierre Richard qui passe. Enfants accrochés leur DS comme à une bouée de secours dérivant plusieurs mètres derrière leurs parents, jeune femme envoyant une adresse de resto par SMS, trentenaire scrollant le contenu de son Ipod. Les paroles de ce grand visionnaire français me sont alors revenues : Elle vit sa vie par procuration / Devant son poste de télévision.
Le plus étonnant, à la Flèche d’Or, ce n’est pas que le verre soit consigné 1 euro, c’est que, même rempli de Coca Light, il continue à puer la bière.
Dans un couloir de métro, il vendait des films en Div-X en face d’une affiche pour le dernier Scorsese, et sur le moment, je ne voyais pas de meilleure illustration de l’expression “directement du producteur au consommateur”.
Après m’être fait voir, je me suis demandé si le fait que les promotions se situent juste en dessous d’une borne d’écoute à l’angle saillant, réservant au chasseur de bonnes affaires une surprise douloureuse du côté du cuir chevelu, était totalement le fruit du hasard.