mai 2010
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En l’espace d’une heure, j’ai terminé Lost et La croisée des mondes. 6 saisons, 121 épisodes, 4840 minutes et 3 tomes, 1359 pages. Mais rien n’égale le grand vide que ces séries laissent derrière elles.
En moins d’une demi-heure, il aura eu le temps de me parler de la réédition de “Exile on Main Street”, de la couverture du dernier Rock&Folk, de l’album live de Wilco qui n’est disponible en vinyle que par correspondance, du plus mauvais film de ces dix dernières années, de la tournée d’adieu de Supergrass, de “En cloque mode d’emploi” et...
L’affiche arrachée en son milieu laissait entrevoir celle qui avait été collée précédemment, et la superposition des deux donnait naissance à un monstre : Ozzy Osbinoche.
Je ne sais pas ce qui m’étonnait le plus : qu’il ait des pieds aussi laids ou qu’il ne s’en rende pas compte. Même ses tongues étaient gênées pour lui.
Si je n’avais pas remonté le boulevard de la Bastille à vélo, je n’aurai jamais découvert les bureaux du syndicat national des magnétiseurs. Et le mystère qui plane autour : que font-ils lors de leurs assemblées ? Discutent-ils du tort que leur cause le wifi ? Écoutent-ils Jean-Michel Jarre en silence ?
La semaine où un sas d’entrée sécurisé est posé, des cambrioleurs s’introduisent la nuit dans l’immeuble… en escaladant les terrasses, profitant du fait que certaines baies vitrées soient restées ouvertes à cause de la chaleur. Moralité : chassez le rat d’hôtel par la porte et il revient par la fenêtre.
On s’était donné rendez-vous dans 10 ans, même lieu, même heure, même concert de Dinosaur Jr. Sauf qu’à la place de trois bières, on commande désormais trois Coca (dont un Light). Serions-nous passés Dinosaur Sr ?
Je lisais sur l’étiquette : “issu d’une tradition séculaire, notre gruyère répond aux exigences les plus sévères”. Pourtant, je suis pratiquement sûr qu’il ne s’est pas lavé les mains avant de passer à table.
L’écran géant diffusait des clips de R’n’B dont les paroles, traduites en français, défilaient au bas de l’écran. Je suis resté un moment à les lire, fasciné. “Il y a toujours en moi un endroit que tu peux appeler étrange” ai-je eu le temps de noter, et sur le coup, j’étais assez d’accord.
Tous les soirs, à la sortie du métro, il apostrophe les passants. C’est certainement un des derniers, et il se bat pour que la flamme ne s’éteigne pas. C’est bien plus qu’une profession : c’est une vocation. Jusqu’à son dernier souffle, il vendra L’Humanité.
Tendances dominantes chez les garçons qui assistaient au concert des Ruby Suns à Point Éphémère samedi dernier : “pieds nus dans mes Docksides” (Vampire Weekend) contre “bas de pantalon retroussé sur soquettes blanches” (The Drums). Évidemment, enchâssé dans mon slim avec mes Doc Martens, j’étais un peu largué.
Sur la devanture de Saint Maclou, je lis : “tapis, papier peint, rideaux, moquette, carrelage, vinyle”. Mince, si même Saint Maclou se met à refaire du vinyle…
A l’ascension, y’a même les œufs en neige qui font le pont.
Depuis qu’on trouve de la cancoillotte en toute saison chez Lidl, je n’en achète plus chaque fois que je descends en Bourgogne et à chaque tartine grillée, j’ai une pensée coupable pour le petit producteur dont je suis en train de causer la ruine.
Elle disait : “A l’époque, j’avais une adresse sur Caramail que je consultais tous les 8-10 jours”, et j’avais l’impression de l’entendre parler des Trente Glorieuses.
Une année de vie de chien équivaut, dit-on, à sept ans de vie humaine. Tout va...
– Fabio Viscogliosi in Je suis pour tout ce qui aide à traverser la nuit (Stock).
J’étais en train d’attendre sur mon velib’ quand il m’a chié dessus. Exactement au milieu du dos de ma main droite, celle qui passe les vitesses. De quelle manière devais-je interpréter ce signe ? Avais-je le temps de nettoyer ça avant que le feu ne change de couleur ? Mystère et crotte de pigeon.
Je regrette de m’être moqué de Zara depuis que j’ai découvert que, chez Bershka, on passait encore de la house.
Pour ses changements de maillot à chaque apparition, pour les heures supplémentaires qu’il effectue (la pendule derrière lui le trahit), pour les toits de Paris qu’on aperçoit depuis sa fenêtre (quand le store n’est pas baissé), parce qu’il ressemble à un ancien collègue et parce qu’il achète sa levure chez Lidl, j’ai craqué pour Hervé Cuisine.
L’un croit encore aux vertus euphorisantes de la nu-soul pendant que l’autre a déjà adopté le second album de She & Him : l’écart se creuse entre Zara et H&M.
Depuis que AGF est devenu Allianz, les affiches en devanture ont été remplacées par des panneaux publicitaires qui restent allumés toute la nuit. Moi, je n’irai pas donner mon argent à un assureur qui le fiche ostensiblement en l’air.
Message à ceux qui vendent des CD sur les vide-greniers : quand je vous demande combien c’est, la réponse à laquelle je m’attends n’est pas : “ça dépend”.
La pop music doit être d’excellence, sinon on appelle cela de la variété.
– Renaud Montfourny in Le photoblog de Renaud Montfourny.
La maîtresse m’expliquait que le Grand Bonhomme est souvent seul sur l’heure du déjeuner et j’avais envie de rajouter : “Ah, celui-là, c’est bien le fils de son père”.
Rien que pour ne pas culpabiliser après avoir prétendu que c’était ma dernière alors que j’ai un paquet à moitié plein au fond de ma poche, je suis content de ne pas fumer.