janvier 2011
19 billets
Après avoir parcouru les étagères de ma bibliothèque, il m’a dit : “Je ne vois pas de faute de goût”. Forcément, j’étais un peu déçu…
Leur conversation était tellement barbante que j’étais sur le point de les supplier de la poursuivre par SMS.
Il m’a dit qu’il passait plus de temps avec moi qu’avec sa femme et j’ai eu un début d’érection.
J’étais venu pour me faire signer son livre, mais l’intensité de son regard au moment où je lui ai posé une question valait déjà toutes les dédicaces du monde.
A force de taper dessus, la lettre “e” s’est effacée de mon clavier et mon Azerty s’est transformé en Perec.
Il sortait de la rame avec une trottinette dans une main et un iPad dans l’autre, et je me disais que quand j’étais enfant, ce n’était pas la façon dont j’imaginais l’homme du XXIème siècle.
Sans aucun scrupule, il vidait le contenu de ses poches par terre et j’ai regretté le temps des châtiments corporels. Les cochons, y’a que le bâton qu’ils comprennent.
Il m’a dit : “ma femme a beaucoup ri en lisant ton fanzine” et ça m’a changé du sempiternel compliment : “je l’ai rangé aux chiottes à côté des autres”.
Message au mec qui a passé la moitié du concert de Godspeed You Black Emperor le bras levé pour filmer avec son smartphone : t’as raté ta vocation, mec, t’aurais dû faire porte-drapeau.
Encore plus que des sapins fanés, je n’ai jamais vu autant d’écrans cathodiques abandonnés sur le trottoir. Le plat, Attila des foyers modernes.
Le temps de faire la grasse matinée. Le temps de choisir un t-shirt dans la pile plutôt que de prendre le premier qui vient. Le temps de se sécher entre les doigts de pieds. Le temps de choisir parmi les fiches-cuisine découpées dans Marie-Claire. Le temps d’émietter une buche de chèvre. Le temps de sélectionner les films que je vais oublier d’enregistrer cette semaine. Le temps de...
- Au fait, pourquoi t’as laissé tomber ton blog ? - C’est compliqué. Sur la fin, je m’ennuyais un peu. J’avais l’impression de le faire plus par obligation que par plaisir. - Et maintenant que tu as arrêté, tu t’ennuies moins ? - Ah non, au contraire, c’est pire. Je suis tout le temps sur Facebook, à intervenir au sujet de tout et n’importe...