Quand j’ai commencé à lire des mangas il y a 5 ans, j’avais un tel retard à rattraper que, pendant une année, je n’ai pratiquement lu que ça. Ne sachant à quel mangaka me vouer, j’ai acheté des tomes 1 un peu au hasard. J’ai fait des découvertes incroyables (L’Ecole emportée, Dragonhead, Survivant…) et j’ai avalé les yeux fermés des séries complètes pour me rendre compte, au bout de 14 tomes, que c’était vraiment du grand n’importe quoi. Est-ce que j’avais déjà fait le tour de ce qui m’intéressait ou est-ce que je n’avais pas creusé suffisamment profond ? La vérité se situe certainement entre les deux. Mais au bout d’un an de lecture intensive, j’étais revenu à la bande dessinée d’auteur européenne
Je ne dis pas que j’ai retrouvé la même excitation qu’avant, mais j’ai serré les dents à plusieurs reprises en lisant Ichi The Killer, une histoire de règlements de comptes entre mafieux sur fond de tortures sophistiquées. Au niveau sauvagerie, on est proche du cinéma de Kim Jee-Woon (J’ai rencontré le diable). La peinture de la société japonaise est moins présente que dans Ushijima, l’usurier de l’ombre, mais les méchants sont très méchants (surtout celui qui a des piercings autour de la bouche et qui applique l’expression “cuisiner un invité” au pied de la lettre). L’éditeur a fait mettre au dos la mention suivante : “réservé à un public averti”. Ça tombe bien : j’étais en train de passer du côté des blasés.