En réécoutant Lovesexy, je me suis souvenu de cette particularité : sur le CD, tous les titres étaient enchainés sous la forme d’une plage unique de 45 minutes. Lovesexy s’écoutait donc comme une face de K7 : dans l’ordre, sans la possibilité d’accéder directement à son titre préféré (le mien, c’est toujours “Anna Stesia”). Je n’ai pas le souvenir que Prince ne se soit jamais expliqué à ce sujet. Cherchait-il à pénaliser les acheteurs de CD par rapport aux amateurs de LP qui avaient eux tout loisir de sauter d’une plage à l’autre ? De manière tout aussi inexplicable, cette bizarrerie a disparu sur les éditions ultérieures de l’album, qui sont indexées de 1 à 9. Une erreur de fabrication propre à l’édition originale ? La théorie se défend. Mais je reste intimement persuadé qu’il s’agit en fait d’un hommage discret mais sincère aux 45 minutes de Music for 18 Musicians de Steve Reich. D’ailleurs, je suis sûr qu’il sera là, le 04 juillet prochain, à la Cité de la Musique, pour applaudir le pionnier du minimalisme en compagnie de son Bang On A Can All-Stars. Et quand j’entendrais ses talonnettes battre en rythme pendant “Clapping Music”, j’arborerais un sourire entendu.
(Source : glaspopsuper)