Deux posts qui n’ont rien à voir entre eux ont retenu mon attention dernièrement. Le premier annonçait que pour la première année, les ventes de back catalogue étaient plus importantes aux États-Unis que les ventes de nouveautés. Je pense qu’il serait erroné de comprendre par là que les acheteurs sont pris d’une soudaine fringale de patrimoine : c’est surtout le marché des nouvelles sorties qui s’effondre totalement. Quelques jours plus tard, je découvrais cette liste d’albums à ne racheter sans aucun prétexte établie par un magasin de seconde main à Chicago. Les commentaires qui ont suivi sa révélation sont aussi instructifs, notamment celui d’un certain Ryan Nims : “As someone who works in a used record store, let me tell you that current day indie stuff almost NEVER sells. Once stuff crosses over to where your uncle might like it, like Florence and the Machine or something, then yeah, its like hot cakes. But everything else from the last few years, even canonical stuff like Spiderland or Guided By Voices or something… almost never. Even priced at $4.99. It’s because indie kids are worse about never paying for anything than Selena Gomez fans.”
Je me suis alors demandé combien j’avais acheté d’albums depuis le début de l’année. Je vous épargne l’interminable liste des CD trouvés sur les vide-greniers ou dans les magasins d’occasion (près d’une centaine, quand même) mais depuis le mois de janvier, je n’ai pas acheté plus de 15 disques neufs et seulement 8 d’entre eux sont des nouveautés. Si l’on enlève 4 CD-R édités par Stanley Brinks de la liste, ça fait donc 4 nouveautés en 8 mois. Autant dire que ça ne va pas loin. Il est sûr que, depuis que j’ai pris un abonnement sur Spotify, j’achète beaucoup moins de disques alors que paradoxalement j’en écoute beaucoup plus. Est-ce que ce sont les nouvelles sorties qui ne me donnent pas satisfaction ou est-ce moi qui ai perdu la capacité de m’investir au-delà de trois écoutes successives, paniqué par l’idée de passer à coté des 15 autres disques dont j’ai eu vent entre temps ? Certainement un peu des deux. Mais inconsciemment, même si la musique reste mon principal poste de dépenses si l’on y ajoute les concerts, je participe à l’effrondrement des ventes.
Mais le plus honteux, c’est certainement que j’ai acheté plus de tote bags que de nouveautés depuis le début de l’année. Et ça, le marché du tote bag 100% coton, je peux vous dire qu’il me doit une fière chandelle.
(Source : daysofwineandposes)