Sur le site de Libération, je lisais la présentation d’une compilation qui « manifeste le renouveau de la scène tricolore » : Education française. Évidemment, le seul nom de Lou Doillon au générique suffit à discréditer l’ensemble: il ne s’agit que d’un projet opportuniste qui, surfant sur l’actualité de certains artistes (The Bewitched Hands, Lescop, The Shoes…), propose un aperçu qui, faute d’être exhaustif, manque cruellement d’inattendu. Autant dire que vous ne trouverez pas JC Satan dessus.
JC Satan jouait vendredi soir à Mains d’Oeuvres. Et ce qui était impressionnant, outre la folie furieuse du gang bordelais qui, au niveau intensité, n’a rien à envier à Deerhoof ou aux feux Moldy Peaches (ainsi qu’à d’autres furieux adorés : je pense notamment à Adult Rodeo ou Danielson Family), c’était l’incandescence du public. Il n’a fallu qu’une étincelle pour mettre le feu à la salle : j’ai vu passer au-dessus de moi aussi bien des moustachus tatoués que des rockeuses en Creepers, le tout dans une ambiance bonne enfant cautionnée par le groupe qui s’est opposé à ce que le service de sécurité vienne remettre de l’ordre. C’était bien simple : je n’avais pas vu ça depuis Jeff The Brotherhood. J’ai plus d’une fois échappé de justesse à un bon coup de tatane, mais ce que j’ai vu un spectacle qui dépasse de loin les clivages géographiques et musicaux : ce n’était pas un groupe français qui jouait du garage pop en banlieue parisienne mais un grand sabbat électrique pendant lequel certains ont dépensé plus de sueur que sur un treadmill. Je ne sais pas si le diable s’habille en Prada mais aujourd’hui, je connais son prénom.